Emission

Note d’intention Émission

Principales références:

  • William Burroughs  (cut up)
  • Magritte (associations noms objets)
  • Andrew Hussie (Homestuck et les commandes en tant que fil narratif)
  • Batronoban, Thomas Monier (Mantra, voyage onirique, bille, jeu de rôle, et création participative) 
  • Marina Abramovic  (Rhythm zéro, transfert du libre arbitre de l’artiste au public)
  • Hélène Soulier (affiche NTM, l’espace scénique doit être repensé)
  • Mathieu Torres “M’Z” (ÉMISSION) 
  • Mouvement surréaliste (cadavre exquis …)
  • Alfred Jarry
  • Je suis un pays Vincent Macaigne

J’ai cherché à communiquer la sensation de création au public, par l’interaction le public est amené à se questionner sur le sens qu’il donne aux choses et en particulier à ce représentation.

Je privilégie les thèmes du transfert du libre arbitre dans une action de pantins, celui du mental interne au corps par cet univers onirique, construction mentale, mais qui évoque aussi l’idée du rapport à l’extérieur, tant par le public qui est extérieur aux personnages que par le décor qui n’est que le cadre qui détourne l’attention du fait que tout ceci est intérieur.

Je ne dirais pas que je cherche un engagement, ni même réellement à faire passer un message, mon objectif n’est pas vraiment que le public réagisse d’une certaine façon ni même simplement qu’il réagisse, si personne n’avait souhaité participer, cela aurait été leur façon de contribuer à la réalisation de cette performance. Ce qui est primordial c’est le fait que l’acte est déjà en lui même, le public ne fait que lui donner du sens, son sens. De nombreux thèmes sont venus enrichir l’objet au fur et à mesure des interactions. Mais si je devais réellement déterminer mon angle d’approche initial, je dirais qu’il se résumerait ainsi. Toute la création se fonde sur un ensemble de procédés qui composent une univers de jeu dans lequel je place énormément de sens et de sens au pluriel. C’est fort pour moi, mais en soi je ne suis qu’un des spectateurs, cherchant à m’effacer devant le public qui crée par ces corps sa propre réalisation et son propre sens.

L’inspiration à la base du projet est un Webcomic nommé Homestuck de Andrew Hussie dont j’apprécie énormément le travail où il place le lecteur en acteur extérieur. La seconde qui est venue presque en même temps, c’est Marina Abramovic dans son travail du corps et de l’interaction avec le public que j’avais envie d’explorer. Au cours de la création j’ai dû continuer de m’inspirer de nombreux supports tant musicaux, par les artistes que le public en création a souhaité comme support de mes réflexions. Mais aussi par un ami, Mathieu Torrès dont l’album Prisme dont chaque musique représente l’évolution d’une émission de lumière à travers chaque couleur et dont surtout la première, Aurore (émission) a servi de matrice à mon travail. 

Si je devais me rapprocher d’un mouvement je pense que ce serait assez proche du surréalisme puisque j’en utilise certains outils. Pour autant il me semble possible de dire que l’on est en train de créer quelque chose de nouveau, un mouvement n’ayant pas encore été nommé mais que je vois dernièrement s’exprimer principalement parmi certains auteurs de Jeux de Rôle, mais aussi en musique, en cinématographie, en théâtre et au croisement des arts graphiques. Nul doute selon moi que c’est une mentalité qui tient beaucoup du surréalisme mais qui s’inscrit dans notre époque, en réponse aux entraves qui font que finalement, la société n’a pas tellement changé depuis qu’on a gueulé partout qu’il fallait tout faire brûler. Hélène Soulier pose ces questions dans sa note d’intention pour De Bruit (et de fureur) “N’est on plus en mesure d’assumer notre fonction même d’artiste, nos gestes, nos cris, la création d’espaces d’émancipation collective ? Que fait-on alors ? Qu’est-ce que l’art aujourd’hui ?” et cette phrase de NTM qui reste en suspens depuis bien trop longtemps, “Qu’est-ce qu’on attend pour foutre le feu ?”. Mais rien ne semble avoir bougé. Alors c’est pour ça qu’aujourd’hui je sens un mouvement de l’art qui se cherche, qui parle de choses fortes, mais sans forcément se dire engagé. On a déjà essayé de hurler cette rage, mais la société fait le procès de l’art. Alors on lutte d’autres manières, on crée des univers qui seront vécus par beaucoup, dans ces univers on y place nos peurs, nos désirs, nos haines et nos questions. La plupart trouvent ces mondes créatifs “trop perchés” “dérangeants” ou même “absurdes”, quelques autres les apprécient et certains y voient un réel message d’espoir. Je pourrais développer longtemps mais en quelques mots je dirais qu’aujourd’hui un mouvement émerge, qui ne cherche pas tellement à faire passer un message de toute la haine enfermée à quiconque oppresse. Plutôt un art qui tente tant bien que mal de redonner espoir à ceux qui se sentent terrassés, leur signifier que la lutte ne s’est pas totalement arrêtée, simplement qu’elle ne se fait plus de la même manière. Et qu’à une époque où les instincts révolutionnaires s’éteignent comme s’allument les écrans, il est peut-être temps de bâtir autre chose. Message peut-être vain depuis qu’il dure, mais qu’il ne faut pas manquer de relayer. Mouvement faisant écho consciemment ou non à des artistes comme Alfred Jarry, par des réalisations comme Je suis un pays. 

Mais je m’égare.

Ce sont des pensées fondamentales dans mon travail, et la démarche de création s’articulant autour du public a justement cette intention double d’effacement de l’auteur, ainsi que de mettre le public face à lui même. En réalité le public n’a pas besoin d’explications, il en cherchera et je ne suis pas vraiment contre donner des interprétations, mais bien entendu, si tout fait sens pour moi c’est surtout le spectateur qui a fait la performance et qui la construite dans son interprétation. Ce travail ne s’adresse donc pas à n’importe qui puisque sans la culture des spectateurs qui l’ont empreinte on pourrait la comprendre d’une toute autre manière. Pour autant ça n’a en rien un objectif d’élitisme puisque la réalisation dépend du public et donc de sa culture, pas en tant que quantité mais plutôt en termes de références, le public crée avec ses propres références, sa culture, et agit réellement dans la création de cet espace scénique idéal. Ainsi cette performance serait impossible à produire à l’identique avec un autre public, mais partant du concept initial, par la construction d’un autre environnement avec d’autres spectateurs le message se verrait déformé et toucherait autrement mais justement le public.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s